Bonjour, je me présente Claire Bénard, de Blue Sea.
Depuis maintenant 8 ans, je suis proche-aidante de ma mère qui demeure depuis 3 ans au Pavillon de la Paix à Messines.
Ma mère a maintenant 97 ans. Elle a une très bonne santé physique, elle est en perte d’autonomie et présente des problèmes neurocognitifs, dans son cas, surtout la perte de mémoire, de la confusion.
Je lui rends visite à la résidence, on se téléphone tous les jours (elle peut composer elle-même un numéro de téléphone et n’hésite pas à le faire; parfois, même plusieurs appels par jour). Elle s’ennuie beaucoup et elle me dit qu’elle n’a rien à faire, excepté dire son chapelet et dormir sur sa chaise berceuse… Elle pouvait jouer aux cartes jusqu’à récemment, maintenant elle ne sait plus comment.
Lorsque je vais voir Maman, de temps en temps je sors ses albums d’anciennes photos, elle se souvient alors de sa jeunesse, elle me parle de ses parents et de son enfance avec ses frères et sœurs.
D’ailleurs, son frère Aurèle, lui aussi, demeure à la résidence, il prend soin de sa sœur. Je l’appelle l’ange gardien de Maman, il est d’une aide précieuse. À tous les jours, il passe devant sa chambre et lui demande d’aller s’asseoir dans la salle avec les autres
résidents pour la « désennuyer », me dit-il.
Lorsque je rends visite à Maman, je les rejoints dans la salle avec les autres résidents, et nous chantons. Maman se souvient alors des chansons qu’elle connaissait et les
fredonne : Partons la mer est belle, le petit voilier, Mon enfant je te pardonne, Ma mère chantait toujours, C’est l’histoire d’une jeune fille qui n’avait que ses 16 ans.
En tant que proche-aidante, en plus du soutien moral et du réconfort que j’apporte à
Maman en la visitant à la résidence, je m’occupe de la gestion de ses finances, payer ses factures, ses soins de bien-être, couper et limer ses ongles, ses rendez-vous pour la
coiffeuse, pédicure, massothérapie, etc. Lorsque Maman a fait des chutes, je l’ai rejointe à l’hôpital et suis restée avec Elle. Maman ne comprenait pas où elle était et ne se
souvenait pas qu’elle était tombée. Sa dernière chute a été assez sévère, elle a passé 4 jours à l’hôpital.
Je ne suis pas seule à m’occuper de Maman, ma famille et mon conjoint Conrad Bénard m’appuient et m’encouragent lorsque je suis épuisée et que j’ai envie de baisser les bras. Je dois prendre du temps pour moi pour me ressourcer, un répit pour me refaire des
énergies, car c’est très demandant d’être toujours là pour elle, toujours disponible. Dans les moments plus sombres, quand je me sens fatiguée, mes meilleures stratégies sont : aller faire un petit voyage pour voir mes enfants et petits-enfants, voir des amis, lire un bon livre, faire des recettes, ça m’aide à enlever du stress et ça me remonte le moral.
Je remercie toute la famille du Pavillon de la Paix et les employés(ées), qui sont d’une douceur et d’une gentillesse pour Maman. Ils et elles lui prodiguent de l’attention et des bons soins, on peut compter sur eux, ça me rassure et ça m’enlève de l’inquiétude.
Je veux aussi remercier tous les services d’aide aux proche-aidants, proche-aidantes de la région, entre autres : Voix et Solidarité qui sont d’un appui solide, lorsqu’on a des
périodes difficiles, de fatigue ou de découragement.
De plus, avec les rencontres du groupe de soutien, nous discutons avec des personnes qui vivent des situations similaires en tant que proche-aidants,
proche-aidantes. Nous exprimons nos angoisses et notre désarroi, on nous écoute et cela nous réconforte.
En conclusion, Je suis heureuse de l’aide que j’apporte à ma mère, je me rends compte que ça lui fait du bien et à moi aussi.
Parfois, je suis triste, j’en parle au médecin, elle veut m’encourager et elle me dit que ses enfants sont chanceux d’avoir une Maman âgée qui est vivante et qu’on peut encore choyer.